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jui

Dour entre les gouttes

dour,cypress,hill,misteur,valaire,charles,bradley,cotonou,channel,zeroS’il y a bien une chose que je n’aime pas en festival, c’est la pluie. Certains semblent s’en accommoder, mais pour moi, regarder un concert pendant que le ciel me pisse dessus, ça me gâche mon plaisir. J’arrivais donc hier à Dour avec toute la circonspection qu’on imagine. L’Institut Royal de Météorologie nous vouait au calvaire pluviométrique absolu, avec des précipitations de 20 à 30l/m² sur le nord et sur l’ouest du pays. L’ouest du pays doit donc représenter - pour l’IRM - cette étroite bande de terre de même pas 10 km de large qui sépare Dour de la frontière française. Parce que de pluie, il n’en fût question que pendant l’après-midi, et encore, on était très loin des proportions bibliques annoncées.

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Le temps d’aller dégotter un bracelet, de trouver le parking, d’acheter des tickets, et de prendre une petite mousse inaugurale, la journée commence pour moi avec Mister Valaire sur le coup de 17h. Comment définir ces québécois ? Pas facile du tout. Je dirais que c’est de l’électro-pop-rock rafraîchissante… et les joyeux comparses dégagent une grosse énergie sur scène, n’hésitent pas à se lancer dans des petites chorégraphies (dirais-je « à 2 balles » ?), à changer de costumes – sans jamais tomber dans le bon goût – et à haranguer le public. Leur musique est profondément joyeuse, rythmée et ma foi fort agréable pour entamer un festival.
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En route ensuite pour le Dance Hall et Charles Bradley, qui malgré 63 balais bien sonnés, a gardé la grosse patate. Le set oscille entre et la Soul et le rythm&Blues et des accents carrément funky par moment. De sa voix éraillée, puissante et majestueuse, il emmène le chapiteau avec lui et la magie prend. Je suis malheureusement arrivé un poil trop tard pour voir The Budos Band, groupe reformé par Thomas Brenneck, leader des Bullets, avec lequel Bradley avait formé « Charles Bradley & The Bullets ». Ces deux là s’entendent à merveille, si bien qu’après la séparation des Bullets, Bradley & Brenneck ont même retravaillé ensemble, avec la collaboration instrumentale du Menahan Street Band. Je serais tenté de dire que ce sera pour la prochaine fois, mais pas sûr qu’on les reverra de sitôt dans nos contrées. Snif.

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En sortant de là, aucune échappatoire ! On m’a tant vanté le retour de Channel Zero que, alors même que le métal n’est en général vraiment pas ma tasse de thé, je me devais d’aller écouter ce qu’ils proposaient, et de prendre quelques photos de Franky De Smet (rien à voir avec Jean-Philippe Smet…) et de ses acolytes.

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N’étant vraiment pas un amateur de métal, je m’abstiendrai de tout commentaire par rapport au set qu’ils ont livré, mais le public de Dour ne leur à pas réservé un accueil tonitruant. Le groupe s’est pourtant donné à fond, mais les supporters du Che ne semblent pas avoir été particulièrement séduits.

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Deux petites mentions de dernière minute, une sur le message politique fédérateur (passons le « Fuck The Government) de ce groupe multilingue crée à Bruxelles à partir de membres de Sixty- Nine et de Bacteria, et qui réunit francophones (Phil Baheux à la batterie, Tino DeMartino à la basse), néerlandophones (Franky De Smet Van Damme au chant) et anglophones (Mikey Doling, ex Soulfly à la guitare). La deuxième pour Tino De martino, qui a eu la gentillesse de regarder l’objectif, et même de prendre la pose. Ça fait toujours plaisir au photographe.

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Après un zeste d’electro-pop, une pincée de rythm&blues et une grosse louche de heavy metal, il me fallait bien une dosette de musique africaine ! Hop, retour au Dance Hall pour L’orchestre Poly-Rythmo de Cotonou… Et un tel changement, c’est quand même assez bizarre, mais c’est ça qui fait toute la richesse de Dour. Cet éclectisme musical, qui entraîne dans son sillage un total mélange des genres dans le public. Me voici donc à quelques mètres de la scène, encore un peu groggy mais déjà sautillant sur les rythmes africains bien balancés en provenance directe du bénin. Cet orchestre chargé d’histoire, qui fait de la musique depuis plus de 30 ans et légende de la musique africaine. Sur la scène, ça donne une tripotée de papys bon pied bon œil, qui pratique un afrobeat à tendance funk tout à fait agréable à l’oreille. Afrobeat, c’est le terme approprié, mais ça fait tellement new-beat, remix, electro, et que sais-je encore, que ce mot ne me paraît vraiment pas coller à leur musique. Moi je dirais que c’est du Funk-Soul africain… Votre avis ?

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Je continue ma descente vers le calme absolu avec une petite visite au Magic Soundsystem pour voir un petit bout de The Bony King of Nowhere. Malheureusement, des impératifs physiques m’ayant contraint à m’alimenter d’une grasse frite et d’un bout de mexicano infâme dans un pain tout mou et gorgé de sauce (le tout pour la modique somme de 8€40…), j’ai loupé une bonne partie du concert. Mais je suis tout de même arrivé à temps pour voir que les gantois n’avaient pas mis le public dans cet état de calme béatitude que peut provoquer la beauté d’un concert réussi et intime. C’est sûr sous un chapiteau à Dour, c’est pas facile pour un auteur-compositeur folk… Surtout s’il s’exprime en néerlandais entre les chansons.

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C’est ici que je regrette de n’avoir pas pu aller les voir au cirque royal lors des Nuits Botanique (On ne peut pas tout  avoir, et le concert de Great Mountain Fire auquel j’assistais ce soir là en valait largement la peine). On notera, en cette fin de concert un peu triste, une sorte de « rappel surprise »… Ayant quitté la scène sans que le public les retienne, le groupe est malgré tout revenu chanter un dernier morceau. Fort heureusement, cela a quand même provoqué un demi-tour quasi généralisé parmi les spectateurs déjà en train de quitter le chapiteau. À revoir, définitivement, mais pas sous un chapiteau de festival.

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Il fût ensuite temps pour moi d’entamer la préparation à Cypress Hill, en opérant une première sélection parmi les centaines de photos qui s’entassaient déjà sur ma carte mémoire, histoire d’éviter les affres du « Card Full » en plein concert. Tranquillement assis à une table de brasseur, j’étais donc absorbé par ma tâche, lorsque je constatai que les bénévoles étaient en train de préparer l’allumage de la machine à feu. Qu’est-ce qu’on ma rabaché les oreilles avec la machine à feu… Entre les titres d’articles se voulant originaux et les journalistes cherchant désespérément le cinquième synonyme de Dour pour finir leur tartine, pas un ne s’est jamais fendu d’une explication sur cette  fameuse machine à feu. C’est évidemment le blog des festivals qui a enquêté sur le sujet et vous livre des photos exclusives de la bête !

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Bon, pour les plus crédules, je vais quand même démystifier l’affaire… Ce que vous voyez là s’appelle « La roue de feu » et est une sculpture d’Alain De Clerck. Le nom du site de Dour n’a en réalité rien à voir… La machine à feu serait en réalité une obscure construction minière, dont la description se trouverait quelque part dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, mais je m’égare.

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Allez, hop, sur ces joyeuses expérimentations photographiques, en route pour la tête d’affiche de la journée, voire la tête d’affiche de toute l’édition 2011. Faisant fi de cette tradition d’interminables retards des groupes de Hip-Hop (très justement relevée par Martin), Cypress Hill est Right on Time, et c’est tant mieux. La foule de Dour,  habituellement disséminée sur les 7 scènes du site, n’a manifestement pas voulu louper le rendez-vous, et c’est la toute grosse affluence ! Et elle a bien fait, parce que non contents d’arriver à l’heure, les américains ont  manifestement la niake ! Seul petit bémol à un set enlevé et plein de gros tubes qui tâchent : un son parfois un peu défaillant et pas tout à fait assez puissant pour envelopper toute la plaine et l’embarquer dans le mouvement. En même temps, ceux-là ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, parce qu’il suffisait de se rapprocher et d’aller se blottir au sein du public surchauffé pour profiter de l’énergie communicative du groupe. Je laisse à Flaviano le soin de détailler plus avant ce set, et je vous laisse avec quelques petites photos supplémentaires. A suivre : Un petit billet tout doux, avec des photos de toi, public !

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Photos : Stany Massart

18:17 Écrit par Stany Massart dans Articles, Dour, Festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |

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